« Le plaisir au travail : source de performance ! » 2ème partie

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Plaisir au travail 2ème partie

Un salarié heureux est un salarié efficace. Que l’on me prouve le contraire ! Quand on aime ce que l’on fait, que l’on y trouve du plaisir, on le fait bien. Suite à notre billet précédent « Refusons les tabous et osons parler de plaisir au Travail ! », je souhaite souligner les effets du plaisir au travail. Petits et grands plaisirs mis bout à bout contribuent à la performance de nos organisations et à notre qualité de vie au travail !

Le plaisir au travail source de comportements productifs

J’enfonce une porte ouverte !? Oui, je sais et alors ?! Le dire est utile ne serait-ce que pour valoriser et déculpabiliser les passionnés de leur job. C’est une denrée rare, on a vite fait de nous cantonner dans la série des bisounours !

Et pourtant, le plaisir au travail favorise des postures proactives précieuses : capacité à se remettre en question, aptitude à partager nos retours d’expérience, être force de proposition, avoir envie de se dépasser, de donner le meilleur, d’atteindre ses objectifs voire, soyons fous, les dépasser…

Je constate tous les jours que mes collègues qui prennent plaisir à réaliser les tâches, les missions et/ou les projets que je leur confie sont d’une manière générale plus productifs. Par productif, j’entends le fait de réaliser leurs tâches dans le respect des consignes, mais également d’aller au-delà de mes exigences, suscitant également chez moi de nouvelles idées et envies.

Allez animer une réunion de service, ou intégrer un nouveau collaborateur, ou encore mettre en œuvre un nouveau chantier avec des collègues qui n’aiment plus leur job, pour qui le cynisme est la seule échappatoire… Il faut être sacrément sûre de soi et conscient de ses propres attentes et sensations pour ne pas se faire bouffer par certaines ambiances négatives qui tirent tout le monde vers le fond.

A l’inverse travailler avec des collègues qui s’épanouissent dans leur job, n’est-il pas plus sexy ? Cela nous donne des ailes ; on a envie de se dépasser, de gravir des montages, on est fier de notre boite. Naturellement je pense à certaines jeunes sociétés, « start’up » ou PME comme « LinkHumans1 » « Michel et Augustin2 » ou encore « TequilaRapido3 ». Quand je vis leurs évènements, lis leurs billets, suis le parcours de leurs créateurs, collaborateurs ou/et ex stagiaires, je regrette de ne pas avoir 10 ans de moins pour pouvoir taper à leur porte en leur disant : on est fait pour bosser ensemble !

Souvent Marc4, en qualité de recruteur s’attache à identifier et à mesurer ce plaisir au travail chez les cadres et managers qu’il rencontre. Mais pourquoi se focaliser sur cet aspect forcément personnel et subjectif ? Selon lui, cela favorise les états d’esprit positifs, conquérants et combatifs.

Les petits plaisirs invisibles qui nous font du bien

Sans forcément monter au 7ième ciel, la prise de conscience des petits plaisirs au travail fait du bien ! Un regard au cours d’une réunion de travail difficile où on sent le soutien d’un collègue, un petit mot de notre boss pour nous féliciter, un sourire d’un membre de notre équipe qui nous murmure « tu assures, je suis avec toi ! » sont autant de signes qui nourrissent et cultivent notre propre plaisir. Ne les négligeons pas au contraire nous devons nous en réjouir pour mieux en capitaliser les effets !

J’ai eu, au sein de mes équipes, des collaborateurs pour qui le travail était loin d’être la 1ère source de leur épanouissement personnel. Aussi, je me revoie face à eux au cours des entretiens annuels, constater leurs sourires et leurs acquiescements, remplie d’humilité quand je valorisais leurs tâches.

Quoi qu’on en dise, l’échelle du plaisir comprends différents paliers et bien souvent, il peut résulter d’une simple prise de conscience : on me dit que je fais bien mon job, que c’est utile pour moi et pour mon équipe, je suis content et fier …. et du coup, je réaliserai mes futures tâches avec le plaisir que cette nouvelle information m’a procuré.

Mais surtout, qu’il est bon de lâcher prise, de se dire en partant de son bureau « je suis fier de ce que j’ai accompli aujourd’hui ou du soutien que j’ai pu apporter à un collègue ». Ne soyons pas économes des temps d’échanges informels et festifs : pots de départ, anniversaires, champagne à la clôture d’un beau projet, repas de fin d’année… En période de tension, parfois des miracles s’opèrent où chacun pose les armes et se rend disponible et accessible.

Le plaisir au travail : sésame de nos marques employeur

Enfin, en plus d’être une source de performance et de plaisir individuel, le plaisir au travail est la voie royale pour mettre en œuvre, développer et valoriser sa marque employeur. Par marque employeur, on entend : « l’attractivité, la réputation, l’engagement des salariés, et la différenciation, que l’entreprise va partager avec son écosystème pour promouvoir sa marque en tant qu’employeur » Agnès Duroni5

Si on veut attirer les talents de demain, prenons soin de nos talents d’aujourd’hui. Ceux que nous avons, ceux qui déjà, que nous le voulions ou pas, font la réputation de nos sociétés, entreprises, Tpe et Pme. Ceux qui spontanément vont valoriser notre enseigne auprès de leurs différents réseaux personnels et professionnels.

Pour conclure !

Pour notre business d’aujourd’hui et celui de demain, et pour notre propre satisfaction au travail, nous avons tous intérêt à identifier, cultiver, susciter et à faire grandir nos plaisirs au travail.

A défaut …. Soyons responsables et vigilants à notre propre plaisir. Quand il s’estompe nous devons nous questionner, en parler à notre hiérarchie et au besoin, prendre les décisions qui s’imposent.

Et vous aimez-vous votre job ?

A défaut que faites-vous ? Une pause ? Une reconversion ? Une formation ?

Nous avons hâte de lire vos réactions …

Caroline

[Source Photos : http://fr.photl.com ]

1 http://linkhumans.fr

2 http://www.micheletaugustin.com/pagefr.html

3 http://www.tequilarapido.com

4 http://www.linkedin.com/in/marcguichet

5 http://www.agnes-duroni.com/definition_marque_employeur/

COMMENTAIRES

  1. Jennifer Misserlian dit :

    Merci Caroline pour ce billet. Je reconnais bien dans ton propos la bienveillance qui t’anime.
    Dans le prolongement de ce thème, je pense à un livre écrit par Maurice Thévenet intitulé “Le plaisir de travailler” et je le cite “Car l’entreprise, si elle ne peut pas décréter l’implication des individus, peut créer les conditions qui la favorisent, dans le quotidien des stratégies, des systèmes, et surtout, des comportements de chacun.”

    Longue vie à ce blog!
    Jennifer

  2. Jennifer Boukris dit :

    Bravo pour ce billet, Caroline. Je ne peux que partager à 200% ces propos !! 🙂
    Le monde étant tout petit, je suis actuellement stagiaire chez Link Humans et j’ai la grande chance que Maurice Thévenet supervise le mémoire de Master que je soutiendrai en début d’année prochaine (#formation #reconversion).
    Il n’y a pas de hasard ! 😉
    Au plaisir de te lire régulièrement.

    • Chère Jennifer, comment dire …. : Je vous hais et jalouse je suis !
      Profitez de toutes ces belles et riches expériences et surtout tenez-moi au courant de vos réalisations et futurs projets.

    • Anne van der Weide dit :

      Je confirme ; Maurice Thévenet, rien que ça ! Comme Caroline je suis juste terriblement jalouse !
      Mais il n’y a pas de hasard et cela veut dire que votre questionnement mérite un experte en la matière … Félicitations !

      • Jennifer Boukris dit :

        Quand je disais “Pas de hasard”, je voulais dire en termes de valeurs partagées : travail, passion, humanisme, enthousiasme. C’est dans ce sens que le fait que vous appréciez autant Maurice Thévenet ici n’est trop un hasard non plus. En revanche j’ai quand même eu de la chance avec l’ordre alpha, j’avoue ! 😉 A moi d’être à la hauteur de ces jolies opportunités maintenant !

        Anne, je comprends votre cynisme, par ailleurs, bien que j’en sois navrée. Telles que je vois les choses de toute façon quand on a l’amour du travail bien fait c’est une valeur qui reste quoi qu’il arrive. Partir, résister, comme Caroline, se détacher ou finalement se résigner, mais sans jamais renoncer à qui l’on est et ce qui nous meut ! 😉
        Bon courage !!!

  3. Anne van der Weide dit :

    Bonsoir, aujourd’hui on a besoin de reconnaissance et cela commence par le plaisir au travail afin de donner le meilleur de soi-même.
    La difficulté intervient lorsqu’on se rend compte que, auréolé de son plaisir et de son amour du travail bien fait, on joue le jeu de la Direction et que lorsque la motivation baisse, vous obtenez des reproches alors que jusque-là, par plaisir, par challenge, par aspiration à la reconnaissance, vous avez donné le maximum.
    Tout est là : prendre du plaisir, oui, pour soi, mais sans trop le montrer car cela peut terriblement vite se retourner contre vous le jour où le plaisir s’émousse … ce qui arrive la plupart du temps si vous n’avez pas l’opportunité d’évoluer, d’augmenter en responsabilités. Tout lasse, et, alors que d’aucuns aimeraient vous en persuader, cela n’a rien à voir avec le principe de Peter.
    Montrer que vous êtes heureux exonère l’employeur de s’occuper de votre carrière, en quelque sorte
    J’ai conscience que ma contribution est cynique … J’ai hâte de lire vos réactions …
    Merci
    Anne

    • Merci beaucoup pour votre message !

      Je me suis retrouvée dans une situation où mon propre plaisir pouvait faire de l’ombre à certains collègues ou supérieurs mais jamais aux membres de mes équipes bien au contraire ! Cela m’a toujours donné des ailes pour convaincre, embarquer, motiver, “performer”, “challenger”…

      Là où ce fut plus difficile c’est effectivement vis à vis de ma propre hiérarchie “Mais Caroline, vous êtes une passionnée ! ” Cette phrase sonnait comme une justification en soi, de la plus value et des bénéfices réalisés.

      A ce stade j’entre en résistance et je ne me résigne pas. Oui j’aime mon job, je suis passionnée et je peux produire beaucoup et bien (…de manière conforme et même en allant au-delà des objectifs fixés) !

      Mais j’ai avant tout besoin de sens, d’une vision à long terme dans laquelle je puisse me projeter. J’ai besoin de voir les fruits de mon travail, certes pour mon organisation mais aussi, pour moi, ma carrière et plus largement mon projet de vie.

      Encore Merci Anne pour votre contribution.

      Caroline

  4. Hello Caroline,
    Bravo pour ce beau billet enthousiasmant et merci pour la mention !
    Oui, le plaisir au travail donne véritablement des ailes, mais ce plaisir se construit tous les jours et commence bien entendu par de petites choses, de petites attentions …

    L’aventure Link Humans est un rêve éveillé, né de la rencontre de deux passionnés hyper complémentaires.
    Aujourd’hui, je me retrouve pleinement dans la maxime de Confucius : “Choisis un métier qui te plait, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie.” et je souhaite au plus grand nombre de trouver leur “Graal” ! 🙂

  5. Joachim Fontaine dit :

    J’ai lu les deux premières parties que je trouve très interressantes. Je partage votre vision sur le plaisir au travail et je pense moi aussi qu’il s’agit d’un élément essentiel au succès de l’interressé et de l’entité à laquelle il appartient. C’est certainement une source de motivation et d’efficience. Toutefois, je peux comprendre les personnes qui ne partagent pas ce point de vue. On en revient finalement à la théorie XY de McGregor selon laquelle l’individu X à une tendance à l’aversion au travail et n’y verra donc jamais de plaisir alors que l’individu Y y voit une source d’enrichissement personnelle. C’est au Manager que revient ensuite la délicate tâche de gérer cela au mieux…

  6. Joos dit :

    Pour avoir vécu des expériences où le plaisir était présent et d’autres où malheureusement il n’était présent que pour trop peu de personnes, la différence de performance à environnement comparable est réelle et conséquente , de plus cette notion de plaisir est fortement structurante pour les générations plus jeunes qui entrent sur le monde du travail.

  7. Bel article en effet, … mais la question est toujours la même : comment réussir à donner le plaisir à ses collaborateurs ? … du sens, de la cohérence pour retrouver la confiance (qui s’est quelque peu envolée ces dernières décennies).
    Pour ma part, j’essaie de le faire en développant l’intelligence collective – pour apprendre à changer de vision du monde et des rapports dans l’entreprise – avec une méthode très efficace : Synergy4.
    Merci pour votre apport. Cdlt.

  8. chenaux dit :

    Vraiment extra votre sujet Plaisir au Travail … n’est-ce pas une conséquence d’un ensemble de chose qui se superpose au fur et à mesure… je veux dire , Oui à la reconnaissance des savoirs et des savoirs-faire ,souligner les réussites, les conditions de Travail,La prise en compte des idées l’autonomie,la Charge de travail physique et mentale,le soutien Social, la non-discrimination,Souligner les réussites et puis encore bien d’autres ingrédients à rajouter OBLIGATOIREMENT aux formations de managers de Proximité…

    • Bonjour M. Chenaux,
      Je partage entièrement votre avis ! Les managers de proximité doivent être au coeur des préoccupations. Ils sont la cheville ouvrière de la ligne managériale sans qui n’est possible !
      Au plaisir de vous lire à nouveau
      Caroline

  9. Jean Luc POULAIN Pdt de breizh-conseil dit :

    Suite aux commentaires des commentateurs politiques qui, hier, faisaient place à la morosité française ambiante ce billet fait chaud au cœur. BRAVO et à l’esprit d’équipe ajouter le plaisir au travail quand on a la chance d’en avoir un c’est aussi un plaisir partagé.
    Avoir confiance en soi et savoir faire partager des valeurs c’est aussi renouer avec un optimisme que personne ne devrait perdre surtout dans des périodes quelque peu chahutées. Est-ce un doux rêve? Peut-être mais dans le cadre de ma thèse de sociologie où j’interroge dirigeants d’E.T.I. familiales pour la plupart, je juge l’arbre à ses fruits et croyez-moi, ils sont de saison. Cordialement
    Jean-Luc

  10. Bravo pour ce billet qui reprend la plupart des aspects du plaisir au travail.
    Sur le soutien et l’ encouragement, et oui nous sommes l’animal qui a le plus besoin de contact avec ses pairs !
    Le lien social (et la convivialité par la même occasion) étant identifiée comme des attentes premières des salariés en France et peut être aussi comme le premier motif de mécontentement ….
    Seulement la coopération ça ne se décrète pas comme le dirait le philosophe Norbert Alter , il faut créer les conditions préalables: confiance, bienveillance, temps… en passant par le partage d’émotions…
    Bref un vrai boulot en perspective, au bénéfice de l’efficacité et du plaisir !
    bien à vous Virginie

  11. Franck KIMMIG dit :

    Cet article plein d’enthousiasme me fait penser à la notion de “motivation inconditionnelle” liée à nos traits de personnalité dits “primaires” (dans le champ théorique de l'”Approche Neuro-Cognitive et Comportementale”) : il s’agit de nos motivations profondes, qui nous nourrissent et nous donnent du plaisir même en l’absence de résultats.
    Jacques Fradin, qui est à l’origine de l’A.N.C., parle de “réhabiliter la notion de vocation” : savoir écouter nos envies/motivations profondes, présentes dés l’enfance, pour les réaliser dans notre activité professionnelle.
    Dans ma carrière de RH, j’ai rencontré des salariés qui avaient pris une orientation professionnelle “de raison” et qui s’ennuyaient profondément ; et d’autres, passionnés par leur activité, et en général passionnants à écouter parler de leur travail quel qu’il soit…

    • Bonjour Franck et merci pour votre commentaire !
      J’en appel à chacun pour retrouver et chérir “ses envies et motivations profondes”. Je vous assure, on peut parfois se perdre et se laisser envahir … mais qu’il est bon ensuite, de se retrouver “droit dans ses bottes” et fier de ses plaisirs retrouvés..
      Caroline

  12. Geneste dit :

    Il est vrai que le fait d’avoir du plaisir à travailler augmente notre productivité. Être entouré de collaborateurs ayant la même motivation, nous donne l’envie de se dépasser dans notre travail individuel comme en équipe.
    Mais pour certains, le travail reste le travail et ne s’associe pas avec le mot “plaisir”.

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