« Refusons les tabous et osons parler de plaisir au travail » 1ère partie

dans Plaisir au travail | par

Les avis divergent… mais, je l’affirme, le plaisir au travail est une nécessité !

… Certes, on travaille pour vivre et pas l’inverse.

… Certes, le travail est un moyen et non pas une fin en soi.

… Certes, une carrière est faite de hauts et de bas.

… Certes, les temps de non travail sont aujourd’hui plus valorisés que les temps passés au « turbin ».

Oui Oui Oui…. Mais, pour autant, ne minimisons pas les petits plaisirs simples et combiens utiles, que nous procure notre activité professionnelle ! Un salarié heureux est un salarié efficace…

Je vous propose d’échanger avec vous sur cette thématique au travers de trois chapitres :

  1. Refusons les tabous et osons parler de « plaisir au travail »
  2. Le plaisir au travail source de performance ! (à venir)
  3. Le plaisir au travail oui, mais comment l’impulser ? (à venir)

Dés le départ ce n’était pas gagné !

« Travail » ou « trepalium » en latin, veut dire instrument de torture. L’ouvrier, que ce soit sous terre dans les mines, ou dans les usines, n’associait pas travail à plaisir ; si ce n’est celui de subvenir aux besoins de sa famille. De nos jours, le simple fait d’avoir un boulot est déjà, en soi, un privilège. « T’as du boulot alors sois content et tais-toi ! ».

Aujourd’hui la crise économique et sociale plombe l’atmosphère…

Les différentes formations et divers accords traitant des risques psycho-sociaux, des faits dramatiques de suicides liés au travail, des décisions de justice dénonçant des pratiques de harcèlement, ou encore des licenciements économiques dont le motif « économique » n’en a que l’appellation, sont autant de sujets, de débats, de révoltes qui occultent et culpabilisent les sources de plaisir au travail.

Oser parler de plaisir au travail relève, soit de la naïveté pour certains, soit de l’indécence pour d’autres.

J’ai pu le constater récemment en participant au 10ème forum de psychologie du travail de l’université de Nice Sophia Antipolis, dont la thématique justement était « le plaisir au travail ». Les conférenciers assis à mes côtés, psychiatres, psychologues et enseignants chercheurs émérites, témoignaient surtout des ravages et de la dureté du monde du travail aujourd’hui. Je partage leurs points de vue, mais je souhaite ajouter le mien : nous avons tous une part de responsabilité dans la perception de nos tâches et des plaisirs qu’elles nous procurent.A trop dénoncer les sources d’insatisfaction on minimise les effets bénéfiques du travail et surtout on n’en parle pas…. Rien de bien nouveau « on ne parle que des trains qui arrivent en retard ».

Mon propos n’est pas de minimiser les comportements nuisibles, les renforcements négatifs de managers pervers ou encore les décisions arbitraires d’actionnaires peu scrupuleux. Non, je veux juste parler du plaisir au travail !

Oui ! Il faut un contre-pouvoir pour dénoncer les abus du marché du travail, mais il faut aussi sortir de ces ambiances lourdes, cyniques, et d’affrontements permanents où, de toute façon et quoi qu’il arrive, ce sera toujours négatif. Au cours de mon expérience de manager, j’ai pu constater combien il est difficile d’agir face à ces ambiances collectives « négatives » où la plainte est la norme et où, si vous osez y croire, être positif, aller de l’avant, vos paroles et vos actes peuvent paraître suspects.

A contrario, tout dernièrement, à l’occasion d’un pot de départ, j’ai pu apprécier les sourires, les lâcher-prises et les rires de collègues qui se sont retrouvés amicalement pour passer un bon moment ensemble… Malgré les tensions, les objectifs à atteindre, les petites mésententes, se rejoindre autour d’une rencontre informelle, festive et agréable a fait du bien. Cela recharge nos batteries d’énergies positives et stimule un nouvel entrain à avancer ensemble.

Donc oui, complétons notre vocabulaire managérial et associons à la notion de motivation, celle du plaisir au travail…

Les impacts sont multiples tant sur le plan individuel que collectif…Nous détaillerons prochainement les impacts du plaisir au travail, puis les différents leviers existant pour en stimuler et en générer.

Et vous, osez-vous parler de plaisir dans votre job ? Quels sont vos petits et grands plaisirs au travail ? Quels conseils avez vous envie de donner à celles et ceux qui ne parviennent pas à l’identifier actuellement ?

Caroline

[Source Photos : http://fr.photl.com/ ]

COMMENTAIRES

  1. Mireille SAINT-LAURENS dit :

    Je suis cadre commerciale, et comme beaucoup, sous pression…
    Pour autant, les challenges remportés sont pour moi source de plaisir : plus le dossier est délicat, plus les discussions s’avèrent difficiles, plus la satisfaction est grande lorsque la conclusion est positive. Mais réduire le plaisir au travail à cette seule réussite, serait fortement minimaliste. Il y a tant d’autres sources.
    Les rencontres avec les clients, les personnes croisées lors d’un déplacement, une nouvelle ville, un hôtel bien choisi qui offre une parenthèse de douceur, un bon repas,… et le plaisir aussi de pouvoir se retrouver seule face à moi-même, toutes ces petites choses qui font de chaque déplacement un moment si particulier, venant contrebalancer (un peu), l’éloignement familial.
    Et puis les échanges avec les collègues, dont certains sont peu à peu devenus des confidents, cette vision du monde que l’on croit partager un moment, les soirées de réunion, ou les après-soirées, autour d’un verre de vin ou d’une infusion, tous ces moments qui font que l’on se sent vivre, appartenir à une équipe, être quelqu’un.
    Alors oui, tout cela n’est souvent qu’éphémère, n’est parfois qu’illusion, mais n’est-ce pas aussi pour tout cela que l’on arrive à s’épanouir dans le travail ? La reconnaissance, par le biais de la rémunération ou de la promotion, suffirait-elle à nous accrocher à notre job sans tous ces petits plaisirs quotidiens ?
    Pour ma part, je ne le crois, et je ne veux pas le croire, ce serait trop triste. Je veux croire que le plaisir de travailler, comme le plaisir de vivre, sont les moteurs qui nous animent, qui nous font avancer, dans un cadre de valeurs et d’humanité propres à chacun, et qui font qu’on ait tant plaisir à échanger.

    • Merci Mireille pour votre témoignage. Vous illustrez à merveille mes propos !

      Je compte sur vos réactions sur les prochains billets consacrés au plaisir au travail : Quels impacts et comment l’impulser… Vaste programme !

      Bien cordialement
      Caroline

  2. Elisabeth dit :

    Bonjour,

    Merci pour ce témoignage et ces articles, ces témoignages.
    Je vous lis à un moment de ma carrière où je me pose un certain nombre de questions.
    J’ai déjà changé de métier il y a quelques années. J’étais éducatrice spécialisée, puis il y a 7 ans j’ai décidé d’achever mes études en psychologie du travail.
    J’exerce ce métier depuis 3 ans.
    Aujourd’hui, j’observe des manques, malgré un poste et des conditions de travail intéressants, mais je ressens surtout que je suis à la recherche de nouvelles énergies positives, et l’envie d’aller plus loin , ailleurs commence à apparaître.

    Je vais m’inspirer de vos témoignages. Si vous avez des conseils à me donner, je les accueillerai avec plaisir.

    Au plaisir de vous lire à nouveau.
    Cordialement

  3. Mathilde Trouillet dit :

    Le plaisir au travail est obligatoire et pourtant… n’est pas aussi présent que l’on imagine.
    Je pense que l’on peut comparer le plaisir au travail avec la pyramide de Maslow. En effet, le premier besoin est d’ordre “physiologique” et pourrait se traduire par “Est ce que mon travail me permet d’avoir un salaire décent ?”
    Le second est la sécurité de l’emploi car il est évident qu’il est difficile de prendre du plaisir lorsque l’on a peur de perdre son emploi à tout moment.
    Le troisième est le sentiment d’appartenance autrement dit, l’esprit d’équipe !
    Le quatrième est le sentiment de reconnaissance par ses pairs, ô combien valorisant !
    Le dernier est la réalisation de soi: “Votre travail vous permet-il de réaliser ce que vous vouliez accomplir, ce qui vous plait?”
    Pour moi, ce sont les cinq facteurs déterminants dans l’évaluation de la qualité et de la satisfaction du travail.

  4. Rocher Juliette dit :

    Le plaisir au travail : utopie ou condition sine qua non?

    Il est vrai que le latin explique bien des choses . Comme vous l’avez souligné , longtemps il a été associé au déplaisir , à la contrainte et la domination . Aujourd’hui , le plaisir au travail n’est plus une utopie et le contexte dans lequel nous évoluons nous permet d’associer travail et plaisir , dont les vertus ne sont plus à prouver . La grande question serait plutôt comment y accéder ?
    Avant même d’y accéder il faut se permettre d’y accéder , c ‘est à dire s’autoriser à penser le travail autrement .
    Il dépend aussi de notre capacité à adopter les bons choix tant en ce qui nous concerne qu’en ce qui concerne l’entreprise . En intégrant une entreprise qui saura nous fixer des objectifs motivants et réalisables, on prendra un plaisir certain à les voir accomplis , plaisir décuplé par une part de reconnaissance ( mon oeil affuté a d’ailleurs remarqué qu’elle revenait à plusieurs reprises dans les commentaires ) et/ou l’idée de faire avancer l’entreprise dont on aura le sentiment de faire partie intégrante.
    Il s’agit de s’inscrire ( et d’être inscrit ! ) dans un cercle d’objectif – motivation !

    • Merci Juliette pour votre commentaire … et oui la grande question avant de se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle et bien : est-ce que ce nouveau job va m’apporter du plaisir ? Cette question va bien au-delà des conditions de travail et de rétribution. Il faut réellement penser ou se projeter en termes de sensations de “plaisir”, … du sentiment d’avoir fait “du bon boulot” et que ce dernier soit partagé et exprimé par notre hiérarchie …

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